La confirmation des hypothèses et le biais d'autocomplaisance

Cher tous,
C'est avec un grand plaisir que je reprends du service après une période un peu mouvementée. Je voudrais réattaquer cet été en partageant un peu avec vous quelques reflexions quite à la lecture d'un livre sur la psychologie du quotidien. J'en reparlerai sans doute dans les prochains billets, c'et une source inépuisable.
Ma thèse c'est que leur étude est condescendante vis à vis des chercheurs - et ce de deux façons: 1. en donnant une solution simpliste au problème (c'est une façon classique de prendre son partenaire pour un idiot) et 2. en sous entendant que seul une toute petite minorité des chercheurs vaillent la peine de se battre pour elle - et qu'elle a utilise des données fausses ou qu'elle transforme la réalité pour suivre une logique qui visiblement prééxiste l'analyse.
C'est deux éléments font écho à deux théories que j'ai découvertes dans mon livre: celles de la confirmation des hypothèses et celles du biais d'autocomplaisance.

Confirmation des hypothèses
.
Dans ce livre il est présenté beaucoup d'études qui montrent que l'homme (ou la femme) est en fait super tétu. Si, par ex, on donne à des sujets des articles décrivant une théorie allant dans le sens de leur conviction, ils jugeront l'article 'convaincant'. En cas contraire ils jugeront l'article peu convaincant voire fallacieux. Plusieurs autres études ont montré la permanence des croyances et leur satbilité dans le temps. Ceci est un fait assez facile à justifier d'un point de vue évolutif (explication a posteriori et donc un peu simple, je vous l'accorde) en disant qu'un homme qui sait suivre son petit bout de chemin dans un monde rempli de stimuli contradictoires à de grandes chances de mieux s'en sortir qu'un indéci.
[C'est au passage une idée interressante et pas aussi évidente qu'on nous le dit dans la mesure où notre monde, dans lequel la quintessence du choix d'appelle l'élection, nous renvoie en permanence au fait qu'il y a dans notre société quelques 30% d'indécis. Ce ventre mou est sans doute moins mou qu'on nous le dit, puisqu'il aurait des idées plus arrétées qu'on ne le dit. L'indécision pourrait alors apparaitre comme une décision, une éthique, qui renvoie les hommes (ou femmes) politiques à leur responsabilités et leur empêchent de se cacher d'ailleurs une indécision qui porte mal son nom.]
Biais d'au
tocomplaisancePlus loin dans le livre on parle de l'estime de soi. Dans cette section, il est montré comment l'homme a beaucoup de difficulté à s'autoévaluer avec précision. En général, on observe des biais dans l'autoévaluation qui entrainent des conséquences comme: une propension à se croire responsable de ses échecs, mais à trouver des causes extérieures à ses échecs, une propension à croire que tout le monde croit ce que l'on croit et en même temps que nos compétences propres sont peu répendues ou encore une faculté de se comparer toujours aux être inférieurs pour être certains de sortir grandi de la comparaison. L'auteur du livre précise par ailleurs que ses biais disparaissent chez les personnes dépressives.
Mais revenons à nos moutons... ou plutôt à nos X-mines. Un X-mine est un peu le haut du panier de ce que notre société fait de mieux : la crême de la crême. La gelée royale de l'élitisme à la française. A ce titre, il a tout réussi et professionnellement n'a aucune raison de se remettre en question. De plus, il faut savoir que l'X a été choisi à 20 ans et le mine à 22-23. C'est donc un être qui très tôt dans sa vie (par rapport à ce qui se passe dans le monde anglo saxon par exemple) a su qu'il était meilleur et ce de façon permanente, indélébile. Deux choses peuvent assez facilement découler de ce constat simple. Il y a fort à parier que beaucoup des X mines sont des gens qui vont: croire qu'ils ont raison (à peu près quoi qu'ils pensent) et croire qu'ils sont plus forts que les autres. Alors attention, je ne dis pas que c'est toujours faux. En moyenne un X mine est sans doute très fort et doit souvent être meilleur que son entourage. Mais est ce suffisant pour avoir un avis sur tout ?
Je pense que ses quelques reflexions donnent une grille de lecture intéressante de cette a
ffaire. Quand on a un problème complexe qui concerne des gens plutôt brillants (les cherchers) est-ce si choquant de leur demander leur avis ? Pourtant en France on préfèrera demander à des X-mines (parce que eux, ils savent). Dans d'autres pays, l'X-mine est dans l'échelle sociale en dessous du chercheur. Et comme par hasard l'évaluation des chercheurs est très différente. Il est rare qu'un type sans PhD donne son avis sur la recherche aux US. En France ça ne choque personne. Quand on sait qu'en plus un X-mine garde sans doute dans l'esprit le fait que ses collègues de promo qui ont fait de la recherche étaient bien 100 places derrière lui au classement... Je vous laisse imaginer les dégats sur l'inconscient de ceux qui nous dirige.Ciao, bon week end.
PS : Un nouveau défi pour le cerveau de blonde de la Nicole : Si un jour Nicole lit un truc bien d'un X-mine, saurait-elle le reconnaitre ? A suivre...
Source: 150 petites expériences de psychologie de Serge Ciccotti, ed. Dunod

1 Comments:
At 11:48 PM,
Anonyme said…
Bonjour, il s'agit d'un très bon post (comme quoi, je devais être convaincu avant des arguments) mais pourquoi adopter une structure aussi scolaire ?
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