The Blond One

Des petites chroniques variées avec le regard joyeux d'une blonde

mercredi, août 10, 2005

Fausse blonde : Ronald Pognon


Et oui, carton jaune pour la nouvelle égérie du sprint français ! Le jeune martiniquais est en effet le premier français à être descendu en dessous de la barre fatidique des 10 sec au 100 m avec un record de France à 9'99 acquis à Lausanne. Il était donc légitime de fonder de grandes espérances sur lui aux mondiaux d'Helsinki qui se déroulent en ce moment même. Mais bon, tout le monde à droit à ces mauvais jours et ses piètres résultats ne sont en soi bien sûr pas la raison de mon billet (dernier de la finale du 100 m. avec 10'17 et sortie en quart de finale du 200 m.). Non, si je vous parle de lui c'est à cause de son 200 m et de l'interview qui a suivi. De façon très étonnante (même Stéphane Diagana avait l'air surpris), il s'est arrété (enfin façon de parler, il s'est beaucoup relaché disons) à 50 m de la ligne d'arrivée. Son début de course était pourtant bon, son virage tout à fait acceptable pour un spécialiste du 100 m. En maintenant son effort il aurait surement pu être qualifié pour le tour suivant. Déjà là, je ne comprenais pas bien ce qu'il y avait dans la tête de l'athlète. Mais le mieux était à venir. Le grand Nelson lui demande s'il n'est pas trop déçu par sa performance : "Non, non" répond l'intéressé, "je suis jeune, j'ai bien le temps de montrer ce que je vaux". "_Oui, mais sur la fin, vous vous relâchez n'est ce pas _ Oui, oui, mais c'est pas grave, le ne suis pas déçu". Bon et bien bravo l'artiste ! Quand on a du talent, on l'exploite, c'est tout. Son attitude me choque au nom de tous les jeunes sportifs qui en veulent mais qui n'ont pas son gabarit, ses muscles. Et puis par dessus tout, je ne comprends pas comment on peut lâcher un 200 m à 50 m de la fin. Moi, dans mon jeune temps, quand je courais des 200 m c'est précisément à cet instant que j'avais ma poussée d'adrénaline. A ce moment on commence à se sentir vraiment bien, on commence à planer un peu, on entend tous les encouragements autour avec plus d'acuité. On sent son corps devenir vraiment puissant, on a la sensation (vraie ou pas ?) de maîtriser parfaitement chacune de ses cellules. Ce sont ces derniers 50 m. qui font dire après la ligne d'arrivée : "P... c'est bon, le 200 ! " dans un accès de joie virile que ma blondeur a du mal à confesser ici devant vous. Non, vraiment, rien que parce que tu t'es privé de cela, carton jaune, jeune homme !
Spéciale dédicace à Monsieur Q.